„Alles Unheil auf der Welt komme daher, dass der Mensch nicht ruhig zu Hause auf seinem Hintern sitzen kann.“1 Das ist die eine Wahrheit. Die andere verbirgt sich hinter dem Spruch „Bewegung ist alles“, und der hat sich von der Volksweisheit zum Slogan gemausert. Heute wissen wir, dass Bewegung nicht nur positiv auf Körper und Gesundheit, sondern auch auf Geist, Horizont und Wertvorstellungen einwirkt. Und so hat der Begriff seit einiger Zeit Konjunktur. Mobilität ist ein omnipräsentes Schlagwort geworden, sie gaukelt Modernität, Fortschritt und Freiheit vor. Und wer will schon in so bewegten Zeiten wie diesen der Stagnation oder des Stillstand beschuldigt werden? „Wer rastet der rostet“ hängt drohender denn je über unseren Köpfen.

Oder erfuhr die Bewegung bereits eine Anti-Bewegung und wir haben es vor lauter Forderung nach Mobilität in allen Lebenslagen nur noch nicht bemerkt? Dieser Frage wollten wir auf den Grund gehen und wählten „Bewegung-en“ als Thema für die zweite Ausgabe von [K]améleon. Das Ergebnis sind 12 Texte, die sich der Thematik von allen erdenklichen Seiten nähern und uns damit ein breites Spektrum an Bewegungsmöglichkeiten anbieten. Unsere Autoren lassen ihre Figuren abfahren, ankommen, zurücklaufen, bergwandern, Grenzen überschreiten, Zustände durchleben, Zeitreisen vollführen und nach Identitäten suchen. Es gibt Bewegung zwischen den Geschlechtern, auf einem Gemälde, in Gedanken, auf Krankenhausfluren, in kultureller, transzendenter und sinnlicher Weise, zwischen A und B, heute und morgen, Tag und Nacht. Resümee: Bewegung steckt in allem, in den Dingen, den Menschen, der Sprache und den Repräsentationen. Und: Es kommt darauf an wie sie wirkt – ob antreibend oder zerstörerisch.

Neben einem neuen Thema und zwölf neuen Autoren und Texten gibt es in diesem Heft auch eine neue Rubrik zu entdecken, mit der wir Einblicke in Schaffensprozesse gewähren wollen. In Hinter den Kulissen schauen wir dem Graphiker Michael Hübner über die Schulter und begleiten seine Motivsuche und Arbeitstechniken bei der Gestaltung des Coverbildes dieser Ausgabe. Daneben öffnen wir in Einblicke in die Übersetzung einen Spaltbreit die Tür unserer [K]améleon-Übersetzerwerkstatt und zeigen anhand eines Textes und dessen Übersetzungsmanuskripts, welche Probleme und Fragen beim Übertragen eines Gedichts von einer Sprache in die andere entstehen können.

Wir möchten allen danken, die bei der Realisierung der zweiten Ausgabe von [K]améleon mitgewirkt haben. Allen voran unseren Autoren und Autorinnen, Sandra Böhme für das Layout, Michael Hübner für die Coverbildgestaltung, Dörte Fiedler und Marie Daniel für Tonaufnahmen und Mix der CD und allen Sprechern und Sprecherinnen.

Viel Freude beim Lesen und Hören!

Ihre [K]améleon-Redaktion

Nicola Martin und Marion Bohy-Bunel

« Tout le malheur du monde vient du fait que l’être humain soit incapable de rester tranquillement chez lui, les deux fesses bien calées dans son fauteuil. », nous dit Juli Zeh2, célèbre auteur de La Fille sans Qualités. L’immobilité serait donc synonyme de sagesse. C’est une façon de voir les choses. Mais il semble que ce soit peine perdue : le mouvement agit comme un réflexe, et philosophes et physiciens se rejoignent pour penser le mouvement comme source de vie. « Tout est mouvement », vive le mouvement !

Dans le même ordre d’idées, notre époque ne cesse de prôner la Mobilité : celle des salariés, des étudiants ou des téléphones portables et autres corps invités à être mobiles. Synonyme de modernité et de progrès, elle nous laisse croire que prendre l’avion c’est découvrir de nouvelles cultures, que se déplacer d’un point à un autre équivaut à voyager, et que s’agiter en tous sens revient à avancer. En ces temps de Mobilité Générale, la quête du mouvement perpétuel semble achevée. Quoi de plus redoutable aujourd’hui que de « stagner » ou d’être accusé « d’immobilisme » ?

En choisissant cette thématique, nous voulions savoir comment les auteurs d’aujourd’hui percevaient la question du mouvement, et nous avons pris conscience à la lecture de leurs textes du nombre de dimensions qu’il pouvait traverser.

Ce qu’il en ressort, c’est que le mouvement évoque l’agitation, le déplacement de la matière, la vie qui grouille quelque part. Il est une force qui balaie la fragile stabilité des êtres et des choses et provoque des réactions à différents degrés allant de l’infime changement au chaos et à la destruction. Mais le mouvement s’empare également de l’esprit, bouleversant les représentations ou les effleurant à peine, agitant les impressions, les pensées et les paroles.

Douze textes pour aborder cette thématique de multiples façons, tenter d’en rendre compte, proposer une large palette de mouvements possibles. Nos auteurs se sont saisis de ce flux, et leur figures se meuvent en tous sens, partant ou arrivant, escaladant des montagnes, reculant indéfiniment, traversant les espaces, intimes et spatiotemporels, comme pour chercher à se définir et à exister, dans et par le mouvement. Car les sexes, les images, les pensées, les couloirs d’hôpitaux ne connaissent pas l’immobilité : le mouvement mène le monde.

Vous trouverez dans ce numéro une nouvelle rubrique, « Dans les coulisses », qui vous introduira dans l’atelier de fabrication de [K]améleon. « Le mot du graphiste » dévoile le processus de création de Michael Hübner qui a accepté de se plier aux règles de la création sur commande en concevant la couverture de ce numéro. Dans « Les dessous de la traduction », vous aurez un aperçu concret du dialogue entre lectrice et traductrice lorsqu’il s’agit d’affronter l’interprétation et la traduction d’un texte.

Nous remercions une fois de plus et non moins chaleureusement toutes les personnes qui nous ont accompagnées dans la réalisation de ce numéro, spécialement les auteurs des textes pour leur confiance, Sandra Böhme pour le graphisme général et la mise en page, Michael Hübner pour la conception graphique de la couverture, Dörte Fiedler et Marie Daniel pour la prise de son et le montage, et tous les lecteurs qui ont prêté leurs voix sur ces textes.

Reste au mouvement des oreilles et des yeux à vous faire découvrir tout ce que mouvement peut être.

La Rédaction.

Nicola Martin & Marion Bohy-Bunel